Lectures,
performances
et rencontres littéraires
en Normandie

Du 29 juin
Au 8 juillet
2012

Éditos

    

 

 

Le pays de Flaubert, de Maupassant, de Barbey d’Aurevilly, mais aussi de Gide, Sartre et de tant d’autres a enfi   n le festival littéraire qu’il mérite. Terres de Paroles vient en effet, pour sa première édition, investir notre belle région du 29 juin au 8 juillet, vous proposant lectures et spectacles sur l’ensemble du territoire.

Premier festival de littérature contemporaine de Haute-Normandie, il se présente avant tout, sur cette terre d’écrivains, comme un espace de rencontre. Rencontre du passé et du présent, du patrimoine normand et d’auteurs ayant marqué l’année littéraire ainsi que de comédiens venus de tous horizons pour donner de la voix et faire résonner les textes résolument modernes dans des décors chargés d’histoire.

Rencontre aussi entre le public et les artistes, au coeur même du festival : fidèles d’Automne en Normandie ou nouveaux venus, Terres de Paroles se propose d’illuminer votre été en vous transportant dans des régions littéraires encore inexplorées, par le biais de onze parcours de lecture à haute voix. C’est aussi près de chez vous que vous trouverez votre bonheur, dans les nombreuses librairies et bibliothèques partenaires du festival qui accueilleront les écrivains pour des moments d’échange privilégiés. Les amoureux du patrimoine régional partiront eux à la recherche de Madame Bovary sous les ombrages de Ry- Yonville ou du fantôme de Perec le long des rives du Moulin d’Andé.

Je ne peux que me réjouir de l’apparition d’un nouveau rendez-vous culturel qui vient compléter les initiatives d’Automne en Normandie, et vous inviter à savourer, en cette période estivale, ce nouveau voyage livresque, ambitieux, accessible et ludique.

 

Didier Marie
Président du Département
de la Seine-Maritime
Président de l’Établissement Public de Coopération Culturelle Arts 276

 

Didier Marie © DR

    

     

 

Vous êtes ici dans le pays du « gueuloir » de Flaubert, cette célèbre épreuve de l’oralité à laquelle il soumettait tous ses textes, et dont il sortait « les poumons en feu ». « Les phrases mal écrites, écrivait-il, ne résistent pas à cette épreuve ; elles oppressent la poitrine, gênent les battements du coeur et se trouvent ainsi en dehors des conditions de la vie ». Cette véritable lutte avec la langue qu’il s’imposait quotidiennement dans son cabinet pour en sortir le son, et donc le sens, le plus pur, c’est l’essence même de la littérature. Non pas seulement une introspection silencieuse, mais aussi un acte bruyant et physique qui, continuellement, se heurte aux murs du réel.

Et ce « gueuloir », Terres de Paroles va l’éprouver sur les plus beaux textes de la littérature contemporaine : d’Alexis Jenni à Céline Curiol, de Maylis de Kerangal à Patrick Rambaud, quelques-uns de nos plus grands auteurs verront leurs mots modulés, transfigurés, interprétés par la voix de nos plus grands comédiens, metteurs en scène et musiciens. Et vous, lecteurs, auditeurs, spectateurs, nous vous invitons à les écouter et à les rencontrer, voire, pourquoi pas, à prendre vous-même la parole en participant à des ateliers de lecture à voix haute.

La littérature dans tous ses états, donc, dans un festival où la jouissive musique de la phrase est aussi importante que l’intime plaisir de lire. Écoutons encore Flaubert : « Ce fut un vacarme qui s’élança d’un bond, monta en crescendo avec des éclats de voix aigus (on hurlait, on aboyait, on trépignait, on répétait : Charbovary ! Charbovary !), puis qui roula en notes isolées, se calmant à grand’peine, et parfois qui reprenait tout à coup, sur la ligne d’un banc où saillissait encore çà et là, comme un pétard mal éteint, quelque rire étouffé. » Que ces éclats de voix vous submergent dans cette Normandie où la terre devient parole!

 

Robert Lacombe
Directeur de l’Établissement Public de Coopération Culturelle
Arts 276

 

Robert Lacombe © Ferrante

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